La classe politique française, celle qui rampe, se couche, s'agenouille devant cette association à caractère religieux (le CRIF), déshonore la République, bafoue les règles de nos Institutions et trahit le peuple français qui, une bonne fois pour toutes, avait eu la bonne idée de décider, de manière irréversible, la séparation entre l'Etat et les Eglises (loi de décembre 1905). Alors que nous sommes nombreux à espérer que d'autres Nations s'alignent sur ce divorce prononcé à l'amiable entre la religion et le pouvoir politique, nous constatons avec regret et amertume, qu'en France, le pays du droit au culte et de la liberté d'expression, les religieux, notamment incarnés par les lobbies les plus puissants, gagnent de plus en plus de terrain. Je suis, pour ma part, inquiet et j'accuse les dirigeants politiques d'être responsables de ce dangereux retour en arrière. Dieu, la religion, la théologie, sont des sujets éminemment intéressants. Cependant, ces débats ne peuvent trouver leur utilité que dans la sphère privée, de manière à dégager des inspirations, des réflexions individuelles fondées sur la morale, la justice, la paix et le rapprochement entre les hommes. Cela aiderait certainement les législateurs à demeurer dans la sagesse qu'enseigne la religion, voire la philosophie. Il n'appartient pas aux religieux de dicter les lois. Les décisions doivent demeurer la propriété des seuls politiques avec un objectif précis : parvenir à une morale civique, à une conscience civile (laïque, si vous préférez), afin de parfaire nos modèles de société. Les dogmes religieux sont une entrave à toute évolution émancipée. Il y a de bonnes choses à l'Ouest, comme il y a de bonnes choses à l'Est. Il n'y a aucune hégémonie acceptable en matière de droit, d'humanisme et de moral.
Un dîner avec des religieux n'est pas interdit. Un dîner avec des responsables religieux n'est pas interdit non plus ; simple question de liberté individuelle. Mais cela doit se faire de manière privée, à titre individuel, sous l'entière responsabilité des participants, et sans que cela ait une quelconque relation directe avec les fonctions politiques des dirigeants en place. Un élu de la république ne peut se rendre à une invitation officielle émanant d'une association communautaire et religieuse dans l'exercice de son mandat. Il s'exprimerait alors au nom du peuple français, au nom de ses mandants. Et les élus n'ont pas été désignés pour cela.
Or, le « dîner » du CRIF est une convocation adressée aux dirigeants politiques français, telle une convocation expédiée par un Président Directeur Général à tous ses collaborateurs les appelant à venir recueillir les dernières consignes précises. Ce dîner est également l'occasion, pour nos responsables politiques (élus, responsable de partis politiques, voire hauts fonctionnaires...), de tenir des discours politico-religieux, de délivrer des messages politiques forts à l'adresse d'une communauté spécifique, en l'occurrence la communauté juive de France, et enfin de cautionner ouvertement la politique désastreuse, exterminatrice et criminelle conduite par les dirigeants sionistes israéliens, dont notre Président Nicolas Sarkozy n'a, à aucun moment, critiqué les crimes démentiels et sataniques commis, par de lâches colonisateurs, tous les jours à GAZA. Parce que nous sommes dans un Etat laïc. Parce que nous refusons à des religieux le droit de dicter à nos dirigeants politiques ce qu'ils doivent décider. Parce que les religieux, quelle que soit leur confession, ne doivent avoir aucune emprise sur les prises de décisions politiques ; seuls les élus du peuple ont ce droit constitutionnel : cela s'appelle la démocratie représentative ; le CRIF n'étant qu'une association communautaire à caractère religieux. Il n'a aucun droit politique. Il ne peut se mettre au-dessus de nos lois, au dessus de nos valeurs et de nos principes républicains.
Enfin, ce dîner est une véritable tribune offerte par nos élus et responsables politiques aux membres du CRIF qui, une fois de plus, en profitent pour culpabiliser les Français, et notamment la jeunesse, sur les drames de la Shoah, alors que nous assistons à une effroyable continuité d'une SHOAH réincarnée en une NAQBA (catastrophe, en arabe) subie par le peuple palestinien dès 1947 et dont celui-ci souffre encore aujourd'hui, au moment même où j'écris. L'antisémitisme est un délit grave qui doit être combattu (nous sommes bien d'accord !) au même titre que l'islamophobie et que n'importe quel autre crime raciste. Nous ne faisons aucune différence lorsqu'il s'agit d'êtres humains qui seraient attaqués, agressés, humiliés, sur le seul fait qu'ils seraient Noirs, Arabes ou Juifs. Nous refusons toute hiérarchisation lorsqu'il s'agit de crimes racistes. Les puissants ne sauraient bénéficier de traitements de faveur. Pourtant, nous constatons tous les jours, avec tristesse, que les actes antisémites (qui sont intolérables, bien sûr !) font l'objet de traitements judiciaires pointus et zélés, ce qui est très bien, tandis que les crimes racistes commis contre un Arabe, un Noir, et toute autre Ethnie n'entrant pas dans l'échelle des « Races » supposées supérieures par les fous furieux qui croient encore à l'inégalité des « Races », sont traités avec moins de vigueur, moins de conviction républicaine. Deux poids, deux mesures. Cela est inacceptable car remettant en cause les fondements de notre justice, abondant dans le sens des communautaristes, épousant les thèses des néoréacs ; bref, cela s'appelle jouer avec le feu.
Mesdames et Messieurs, vous qui me faites l'honneur et le privilège de
visiter ce site pour lire mes réflexions, mes idées, mes convictions, mes réactions, soyez et demeurez vigilants. La République n'est la propriété d'aucune association, qu'elle soit cultuelle,
agnostique ou athée, elle est la propriété du peuple, parce qu'elle garantit la liberté de culte, de conscience et de croire ou mécroire en ce que l'on veut. La République, notre République,
c'est la liberté. Et la liberté ni ne se vend, ni ne s'achète. Ce dîner du CRIF, un dîner de nos fonds publics, est un crachat lancé à la face de notre République, lancé à nos derniers rêves de
bâtir une société libre, qui soit sans maîtres, ni puissants, sans esclaves, ni soumis, sans dominants, ni larbins, une société qui serait construite par des hommes pour des hommes. Ne les
laissez pas tuer vos rêves, ils tueraient vos derniers espoirs, vos derniers remparts contre leur maudit monde ; un monde dans lequel l'humain ne serait rien.
Touhami Moualek







